Je me souviens du silence, juste avant. Nous venions de monter tranquillement pendant une heure au-dessus de Divonne-les-Bains, le groupe s’était étiré puis regroupé sur une petite clairière, et chacun cherchait sa place, un rocher plat, un coin d’herbe sèche. Personne ne savait vraiment pourquoi je nous avais arrêtés là plutôt qu’ailleurs. Et puis une voix s’est élevée, sans micro, sans estrade, portée par le seul relief. En quelques secondes, une vingtaine de marcheurs qui ne se connaissaient pas le matin retenaient leur souffle ensemble. C’était la première RandOpéra, et je crois que ce jour là j’ai compris que l’idée tenait debout.
L’idée simple derrière un mot un peu étrange
RandOpéra, c’est un mot valise, et il dit exactement ce qu’il promet : une randonnée, puis un opéra. Rien de plus, rien de moins. On marche à un rythme accessible, sans performance sportive, sur des sentiers que je choisis pour leur beauté et pour leur acoustique. À un moment que je garde secret jusqu’au bout, une artiste lyrique nous rejoint et chante en pleine nature. Pas dans une salle, pas devant un rideau. Devant les arbres, la ligne bleue du Léman au loin, et nous.
L’effet n’a rien à voir avec un concert classique. En salle, on sait quand applaudir, on connaît le rituel. Là, la voix arrive dans un décor qui n’était pas prévu pour elle, et c’est précisément ce décalage qui saisit. J’ai vu des gens fermer les yeux, d’autres sortir discrètement leur téléphone puis renoncer, parce qu’on sent bien qu’un enregistrement ne rendra jamais ce qui se passe dans le corps à cet instant.
Pourquoi je garde le secret sur l’artiste
À chaque édition, je tiens à ce que l’identité de la chanteuse ou du chanteur reste inconnue jusqu’à la dernière minute. Ce n’est pas un gadget marketing. C’est ce qui protège la surprise, et la surprise est la moitié de l’expérience. Quand on ne sait pas ce qui va arriver, on marche autrement, on regarde le paysage en se demandant si le moment est pour maintenant, on reste présent. Le jour où l’on annoncerait le programme à l’avance, on transformerait une aventure en billetterie ordinaire.
Je travaille avec des artistes différents d’une fois sur l’autre. C’est une contrainte que j’assume, parce qu’elle garantit que chaque RandOpéra est unique et que personne ne revit deux fois exactement la même chose.
Ce que l’on ressent, concrètement
La marche prépare le terrain sans qu’on s’en rende compte. On respire plus fort, on discute, on ralentit, la tête se vide de la semaine. Quand la voix arrive, on n’est plus le même auditeur que celui qui aurait poussé la porte d’un théâtre une heure plus tôt. Le corps est déjà là, ouvert.
Il y a aussi quelque chose de très simple dans le partage. On mange son sandwich côte à côte, on trinque à un petit apéritif que j’apporte, on parle à des inconnus avec cette facilité qu’offre le grand air. J’ai organisé assez d’événements pour savoir que ce lien ne se décrète pas. Ici, il vient tout seul, entre la fin de la montée et les dernières notes.
Deux formats, selon le temps que vous avez
Je propose la RandOpéra en deux versions. La demi journée, à 40 euros par personne, pour une sortie qui tient sur une matinée ou un après midi et qui convient bien à celles et ceux qui découvrent. La journée complète, à 55 euros, pour prendre le temps, marcher un peu plus loin, savourer la pause sans regarder sa montre.
Dans les deux cas, l’esprit reste le même : une randonnée encadrée, accessible, et un moment musical qui n’appartient qu’à ce jour là. Vous pouvez découvrir les prochaines dates et réserver votre place sur la page dédiée pour vivre une RandOpéra.
Marcher accompagné, en confiance
Un mot sur le cadre, parce qu’il compte. Je suis accompagnateur en moyenne montagne formé par des experts, et je choisis chaque itinéraire pour qu’il reste à la portée d’un public varié, sans mauvaise surprise de dénivelé ni passage technique. L’objectif n’est pas de vous fatiguer, mais de vous amener, en douceur, jusqu’à ce point où la musique aura le plus de force.
Si vous aimez cette idée d’une nature qui se vit autrement, jetez un œil à nos randonnées : la RandOpéra n’est qu’une des façons dont j’essaie de faire dialoguer le sentier et l’émotion.
Une expérience à offrir, ou à s’offrir
Depuis cette première édition, la question qui revient le plus souvent n’est pas sur la difficulté ni sur le prix. C’est : quand est le prochain. Je crois que c’est le meilleur retour possible. On vient pour une curiosité, on repart avec un souvenir qui ne ressemble à aucun autre, et souvent avec l’envie de le faire vivre à quelqu’un.
Le silence d’avant, la voix qui monte, le paysage qui semble soudain avoir été composé pour elle : voilà ce qu’est une RandOpéra. Le reste, il faut le vivre pour le comprendre.
