On me pose cette question presque à chaque fois, souvent à voix basse, comme un aveu. Voici pourquoi elle ne devrait retenir personne.

Il y a un moment que je reconnais bien, maintenant. C’est quand quelqu’un hésite à réserver une RandOpéra et finit par lâcher, un peu gêné : « mais en fait, je n’y connais rien, moi, en opéra ». Je l’entends au téléphone, je le lis dans les messages, je le vois parfois dans un regard au moment du départ. Alors je préfère le dire une bonne fois pour toutes, noir sur blanc.

La RandOpéra n’a pas été pensée pour les initiés. Elle a été pensée pour la surprise, pour ce que ça fait quand une vraie voix s’élève au milieu des arbres, à quelques mètres de vous, sans micro et sans scène. Et pour vivre ça, il n’y a rien à réviser. Voici les cinq idées reçues qui reviennent le plus, et pourquoi elles tombent les unes après les autres.

Alpages du Jura baignés d'une lumière rasante en fin de journée
Les alpages du Jura, une scène naturelle grande ouverte.

1. « Il faut s’y connaître en opéra. »

Non. La plupart des personnes qui viennent n’ont jamais mis les pieds dans un opéra, et c’est très bien comme ça. Personne ne vous demandera le titre de l’air, ni le nom du compositeur, ni si la voix est une soprano ou une mezzo. Ce qui se passe est beaucoup plus simple que ça. Vous marchez, vous discutez, vous oubliez un peu pourquoi vous êtes là, et puis d’un coup le chant démarre. Ce que vous ressentez à ce moment-là ne dépend d’aucune culture musicale. Ça vous prend au ventre ou ça ne vous prend pas, et je vous garantis que ça prend presque tout le monde.

2. « C’est trop chic, ce n’est pas mon monde. »

Je comprends l’image. On dit « opéra » et on pense velours rouge, tenue de soirée, silence guindé. Oubliez tout ça. Ici, on est en chaussures de marche, en pull, avec un sac à dos et une gourde. On s’assoit sur un rocher ou dans l’herbe. Il n’y a pas de code, pas de place attribuée, pas de bonne façon de se tenir. La seule élégance qui compte, c’est celle du lieu et celle de la voix. Le reste, c’est une sortie en pleine nature comme vous en faites déjà, avec un supplément d’âme au bout du sentier.

3. « Il faut être un grand marcheur. »

La RandOpéra en demi-journée, c’est autour de deux heures de marche sur des sentiers accessibles, à un rythme tranquille, avec des pauses. Je choisis toujours des parcours où l’on peut discuter sans être essoufflé. Si vous marchez déjà une heure ou deux le week-end sans y penser, vous êtes largement prêt. Et si vous avez un doute sur une date précise, écrivez-moi avant : je vous dis franchement si le tracé du jour vous conviendra. Mon métier, c’est justement d’adapter la sortie aux personnes qui sont là, pas l’inverse.

Paysage du tour du Mont d'Or en randonnée
Le Mont d’Or, un cadre qui n’a rien d’une salle de concert.

4. « On va me demander de participer, je vais être mal à l’aise. »

Rien de tout ça. Vous n’avez rien à faire, rien à dire, rien à applaudir si vous n’en avez pas envie. Le moment de chant est un moment suspendu, et chacun le vit à sa façon. Certains ferment les yeux, d’autres sortent leur téléphone, d’autres encore ont les larmes qui montent sans très bien comprendre pourquoi. Il n’y a pas de mise en scène qui vous mette sur le devant, pas de cercle où l’on se tient la main. Vous êtes libre, simplement présent, et c’est tout ce qu’on vous demande.

5. « Une voix d’opéra en pleine forêt, ça doit mal sonner. »

C’est l’inverse. Une voix lyrique n’a pas besoin de sono, elle est faite pour porter dans l’espace, et la nature lui offre une acoustique que je trouve plus belle que bien des salles. Le chant dure une vingtaine de minutes, l’artiste est à quelques pas, et le silence de la forêt autour rend chaque note plus nette. Je garde d’ailleurs le nom de l’artiste secret jusqu’au jour même, parce que la surprise fait partie de l’expérience. Vous ne venez pas voir un nom sur une affiche. Vous venez pour un instant que vous n’oublierez pas.

Voilà. Si vous avez lu jusqu’ici, c’est probablement que l’envie était déjà là, quelque part, derrière la petite hésitation. La RandOpéra est faite exactement pour ça : pour les curieux, pas pour les experts. Pour ceux qui ont envie de ressentir quelque chose de rare sans avoir à cocher la moindre case. Si vous voulez en savoir plus sur le déroulé, les tarifs et l’esprit de la sortie, tout est sur la page de la RandOpéra. Et si vous voulez d’abord le vivre par les mots, je raconte une de ces matinées dans RandOpéra : quand une voix d’opéra surgit au détour d’un sentier.

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La prochaine RandOpéra approche.

Au départ de Divonne-les-Bains, demi-journée à 40 euros, journée à 55 euros. Les places partent vite et l’artiste reste secret jusqu’au matin. Rejoignez le groupe WhatsApp RandOpéra pour recevoir les prochaines dates avant tout le monde et réserver votre place.