Certains des meilleurs champignons ont un jumeau qui peut vous envoyer à l’hôpital. Voici les confusions à ne jamais prendre à la légère.

Dans les forêts du Jura, la nature aime jouer aux ressemblances. Plusieurs champignons très recherchés ont un sosie qui peut aller de l’indigestion sérieuse au danger mortel. Je vous présente cinq confusions classiques, non pas pour vous transformer en expert en cinq minutes, ce qui est impossible, mais pour que vous mesuriez à quel point l’oeil doit être formé. À la fin, une règle d’or qui vaut tous les guides.

Cet article est informatif. Il ne remplace en aucun cas l’avis d’un mycologue ou d’un pharmacien devant un champignon réel. En cas de doute, on ne consomme jamais.

1. L’amanite phalloïde et les champignons à lames blanches

C’est la plus dangereuse de toutes, responsable de la grande majorité des intoxications mortelles. Jeune, son chapeau verdâtre à jaunâtre et ses lames blanches peuvent évoquer d’autres espèces anodines pour un oeil pressé. Ce qui la trahit se trouve souvent à la base du pied, une volve en forme de sac qu’on ne voit pas si on coupe le champignon au lieu de le déterrer entièrement. Une seule suffit à causer des dégâts irréversibles. Devant un champignon à lames blanches, la prudence doit être absolue.

Amanite phalloïde (Amanita phalloides), toxique mortel
Amanite phalloïde (Amanita phalloides), toxique mortel. Photo : Archenzo, CC BY-SA 3.0, via Wikimedia Commons

2. La galère marginée et les petits champignons de souche

Petite, brune, poussant en touffe sur le bois mort, la galère marginée ressemble à plusieurs petits champignons qui colonisent les souches. Le problème, c’est qu’elle contient les mêmes toxines mortelles que l’amanite phalloïde. Les cueilleurs qui ramassent en masse de petits champignons de souche sans les identifier un par un s’exposent à un vrai danger. Ici, la ressemblance est piégeuse et la marge d’erreur nulle.

Galère marginée (Galerina marginata), toxique mortel
Galère marginée (Galerina marginata), toxique mortel. Photo : Wikimedia Commons, CC BY-SA 3.0, via Wikimedia Commons

3. Le clitocybe de l’olivier et la girolle

La girolle, ou chanterelle, est une star des paniers. Son sosie, le clitocybe de l’olivier, arbore une belle couleur orangée qui trompe beaucoup de monde. Il pousse souvent en touffe sur les souches, là où la vraie girolle sort du sol, et ses lames sont bien différentes une fois qu’on sait les lire. La confusion ne tue pas, mais elle provoque de sévères troubles digestifs. C’est le genre d’erreur qui gâche une soirée et rappelle qu’une jolie couleur ne garantit rien.

Clitocybe de l'olivier (Omphalotus olearius), toxique
Clitocybe de l’olivier (Omphalotus olearius), toxique. Photo : louis_aureglia, CC BY 4.0, via Wikimedia Commons
Girolle (Cantharellus cibarius), comestible
Girolle (Cantharellus cibarius), comestible. Photo : Andreas Kunze, CC BY-SA 4.0, via Wikimedia Commons

4. Le bolet de Satan et le cèpe

Tout le monde rêve de tomber sur un cèpe. Mais plusieurs bolets lui ressemblent, dont le bolet de Satan, toxique, qui peut provoquer de fortes réactions digestives. Les indices se cachent dans les détails, la couleur du pied, celle des pores, la façon dont la chair réagit quand on la coupe. Le débutant retient surtout la grosse silhouette charnue et se réjouit trop vite. Là encore, l’identification sérieuse passe par l’examen, pas par l’enthousiasme.

Bolet de Satan (Rubroboletus satanas), toxique
Bolet de Satan (Rubroboletus satanas), toxique. Photo : Holger Krisp, CC BY 3.0, via Wikimedia Commons
Cèpe de Bordeaux (Boletus edulis), comestible
Cèpe de Bordeaux (Boletus edulis), comestible. Photo : Matthieu Brochon, CC BY 4.0, via Wikimedia Commons

5. L’entolome livide et les comestibles de prairie

L’entolome livide est l’une des principales causes d’intoxications sérieuses en France. Il ressemble à plusieurs champignons de prairie appréciés, avec sa couleur pâle et sa chair ferme. Sa toxicité provoque des troubles digestifs violents. Ce qui le distingue demande un oeil averti, et c’est précisément le genre d’espèce qui piège ceux qui se fient à une vague ressemblance de forme et de couleur.

Entolome livide (Entoloma sinuatum), toxique
Entolome livide (Entoloma sinuatum), toxique. Photo : Finnish Biodiversity Information Facility, CC BY-SA 4.0, via Wikimedia Commons

La règle d’or qui vaut tous les guides

Retenez ceci avant tout le reste. Dans le doute, on ne consomme pas. Un champignon dont vous n’êtes pas certain à cent pour cent, validé par une personne compétente ou un pharmacien formé, reste dans les bois. Aucun plat ne vaut le risque. C’est aussi pour ça que sur une RandoSpores, on observe et on identifie ensemble, mais on ne consomme jamais rien. L’objectif est d’apprendre à reconnaître, à voir les détails qui sauvent, et à développer ce réflexe de prudence qui fait les bons cueilleurs.

Pour poser les bases avant de vous lancer, lisez aussi les cinq erreurs de débutant à éviter, et découvrez comment se passe une sortie sur la page de la RandoSpores.

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