J’ai déposé le nom RandOpéra à l’INPI. Voici d’où vient ce concept, pourquoi j’ai fait cette démarche, et ce qu’elle change, ou pas, pour ceux qui viennent marcher avec moi.

L’idée n’est pas née dans le Jura. Elle est née en 2025, dans les calanques de Marseille, au cours d’une randonnée entre amis. Cécile Houillon, mon amie d’enfance, soprano, m’avait demandé de la guider dans la partie sauvage du massif, celle de la Côte Bleue. Nous sommes arrivés dans la grotte Émeraude, et devant cette acoustique-là je lui ai proposé quelque chose de simple. Fais résonner ta voix.

Sentier escarpé descendant vers une calanque de la Côte Bleue entre les pins, au-dessus d'une eau turquoise.
La descente vers la calanque, avant la grotte.

Elle a commencé un Ave Maria. Le chant a rempli la grotte puis s’est propagé dans tout le massif. Au-delà de l’émotion sur le moment, ce que je n’avais pas prévu, c’est ce qui s’est passé autour. Des promeneurs ont convergé de partout, en se demandant s’ils entendaient un enregistrement diffusé par un haut-parleur d’une puissance invraisemblable, ou un ange qui venait de s’exprimer. Personne ne cherchait une chanteuse en chaussures de marche au fond d’une grotte.

Cécile Houillon chante un Ave Maria dans la grotte Émeraude, calanques de la Côte Bleue.

Le reste de la randonnée, on ne l’a pas passé à parler d’autre chose. Comment reproduire ça, où, avec qui, entre les calanques et le Jura où je vis et où je guide. Le nom est arrivé dans la foulée, d’un seul bloc. Randonnée, opéra, RandOpéra.

Il a fallu ensuite une année entière pour en faire une sortie qui tienne debout. Trouver les vallons du Jura où une voix porte sans amplification, comme portait la grotte. Comprendre à quel moment de la marche placer le chant, ni trop tôt quand les jambes sont encore froides, ni trop tard quand la tête est déjà redescendue. Convaincre des artistes de monter avec leurs partitions et de chanter devant des gens en chaussures de marche. Aujourd’hui le mot est déposé, et j’ai envie d’expliquer pourquoi.

Ce que j’ai déposé, exactement

RandOpéra est déposée comme marque verbale. C’est le mot lui-même qui est protégé, indépendamment de la façon dont on l’écrit ou dont on le dessine. Le dépôt couvre deux classes. La classe 41, qui regroupe les activités culturelles, sportives et de divertissement, autrement dit la sortie et le moment musical. Et la classe 39, qui couvre l’organisation d’excursions, autrement dit le fait de vous emmener quelque part. Les deux vont ensemble, parce qu’une RandOpéra n’est ni un concert ni une randonnée. C’est les deux dans le même mouvement.

Une précision d’honnêteté au passage. Un dépôt n’est pas encore un enregistrement. L’INPI publie la demande, laisse un délai pendant lequel un tiers peut s’y opposer, puis enregistre la marque si personne ne se manifeste. J’en suis à cette étape. Je préfère écrire marque déposée plutôt que d’afficher un symbole qui ne serait pas encore mérité.

Pourquoi protéger un format de sortie

La première raison est simple, presque bête. J’ai construit ce format seul, avec mes moyens, et je n’avais pas envie de le retrouver un jour à trois vallées d’ici, sous le même nom, sans avoir rien à dire. Un nom déposé change tout dans cette situation. Sans lui, on n’a que sa bonne foi à opposer, et la bonne foi ne pèse pas lourd.

La deuxième raison vient des entreprises. Quand une direction cherche une sortie pour ses équipes, elle compare des propositions qui se ressemblent toutes. Un format qui porte un nom déposé cesse d’être une prestation parmi d’autres. Il devient une chose identifiable, qui existe à un seul endroit, avec quelqu’un derrière. Ça n’a l’air de rien et ça change la conversation.

La troisième raison est la plus terre à terre. Un nom déposé est un actif. Il a une valeur, il se transmet, il pourra faire l’objet d’une licence si un autre accompagnateur veut organiser des RandOpéra ailleurs, dans un cadre que je définirais. Sans dépôt, ce jour-là, il n’y a rien à transmettre.

Alpages du Jura baignés d'une lumière rasante en fin de journée

Ce que le dépôt ne protège pas

Autant être clair sur la portée. Déposer RandOpéra n’interdit à personne d’organiser une randonnée suivie d’un moment musical. L’idée d’associer la marche et le chant ne m’appartient pas, et heureusement. Ce qui est protégé, c’est le nom, dans le domaine où je l’exploite. Quelqu’un peut faire chanter un ténor au sommet du Reculet demain matin. Il ne pourra simplement pas appeler ça une RandOpéra.

Cette nuance me convient très bien. Je n’ai aucune envie d’empêcher les autres de faire de belles choses dehors. J’ai envie que le mot reste attaché à ce que j’en fais.

Ce que ça change pour vous

Rien, et c’est très bien ainsi. La sortie reste la même. On monte tranquillement, on parle en marchant, l’identité de l’artiste reste secrète jusqu’au moment où la voix part, et personne ne sait à l’avance ce qui va se passer dans ce vallon. La première RandOpéra, un an après la grotte, a réuni une vingtaine de marcheurs sur quatorze kilomètres et cinq cents mètres de dénivelé, et je n’ai pas croisé un seul visage indifférent quand la première note est tombée.

La seule différence, c’est que le nom que vous prononcez en en parlant autour de vous désigne désormais quelque chose de précis, qui a une origine, une adresse et un responsable.

Vous trouverez les formats, les tarifs et l’esprit de la sortie sur la page de la RandOpéra. Et si vous vous demandez encore si l’opéra est fait pour vous, commencez plutôt par cette question-là, elle se règle en cinq minutes.

Sur le même thème

Envie de vivre une RandOpéra ?

Rejoignez le groupe WhatsApp RandOpéra pour être prévenu des prochaines dates, ou écrivez-moi si vous voulez en organiser une pour votre groupe ou votre entreprise.