Seize étapes, du nord au sud, de Calenzana à Conca. Voilà le squelette du GR20. Sur le papier, une simple ligne qui traverse la Corse. Sur le terrain, une succession de mondes qui se répondent : le granite et les chaînes au nord, les forêts et les bergeries au sud. Voici le découpage classique que nous recommandons, relevé par nos soins, et comment l’adapter à votre rythme.

Lac de montagne aux eaux profondes encadré de parois rocheuses sur le GR20 en Corse

Le tableau des 16 étapes (sens nord-sud)

ÉtapeTronçonDistanceD+ / D-
1Calenzana → Ortu di u Piobbu12 km1427 / 63
2Ortu di u Piobbu → Carrozzu10 km780 / 910
3Carrozzu → Ascu Stagnu9 km800 / 640
4Ascu Stagnu → Bergeries de Ballone (par le Monte Cinto)13 km1508 / 1250
5Ballone → Ciottulu di i Mori8,5 km620 / 80
6Ciottulu di i Mori → Manganu27 km650 / 1050
7Manganu → Petra Piana10 km850 / 655
8Petra Piana → l’Onda8 km850 / 600
9l’Onda → Vizzavona14 km739 / 1231
10Vizzavona → Capanelle16 km1280 / 508
11Capanelle → Prati20 km970 / 775
12Prati → Usciolu12 km994 / 221
13Usciolu → Matalza10,5 km700 / 796
14Matalza → Asinau9 km650 / 550
15Asinau → Paliri18 km485 / 808
16Paliri → Conca15 km465 / 1030

Sur nos relevés GPS, effectués lors d’une traversée en septembre 2023, l’ensemble totalise environ 212 km et 13 148 mètres de dénivelé positif. Les panneaux annoncent des durées de marche qu’un randonneur entraîné réduit souvent de moitié en maintenant un bon rythme, mais ne vous fiez pas trop aux chiffres : ici, chaque kilomètre se gagne dans les cailloux.

Le GR Nord : les étapes qui forgent la légende

De Calenzana à Vizzavona, le sentier montre les dents. Dès l’étape 1, une grande côte vous mène à un col à 1 556 mètres et vous fait entendre le ton : le terrain est accidenté, il faut regarder où l’on pose les pieds en permanence. L’étape 2 ressemble déjà plus à de l’escalade qu’à de la randonnée, avec une longue descente de rocaille pour finir. L’étape 3 vous fait passer un pont suspendu et des passages aériens, avec l’apparition du Monte Cinto.

L’étape 4 est la plus costaude de tout le parcours : des pentes à 45 degrés dans des terrains de lave et d’éboulis, des passages où les deux mains sont nécessaires, et l’ascension possible du Monte Cinto à 2 706 mètres, le toit de la Corse. C’est aussi sur ce tronçon nord que se trouvait le fameux Cirque de la Solitude, fermé après l’accident meurtrier de juin 2015 ; l’itinéraire officiel passe désormais plus haut, du côté de la Pointe des Éboulis. Les étapes suivantes enchaînent lacs d’altitude, comme le Lac de Nino aux airs de Connemara, et belvédères comme la Brèche de Capitello.

Le GR Sud : plus doux, jamais anodin

Passé Vizzavona, on ressent immédiatement la différence : moins d’éboulis, des sentiers plus roulants, de grandes forêts de hêtres et de châtaigniers où, en fin d’été, les champignons se comptent par centaines. Les étapes gagnent en longueur mais perdent en verticalité, jusqu’au bouquet final dans les aiguilles de Bavella. La dernière étape vous ramène presque au niveau de la mer, à Conca, où l’on pose fièrement à côté de la célèbre pancarte d’arrivée.

Dans quel sens, et faut-il doubler des étapes ?

Nous recommandons le sens nord-sud, le sens traditionnel, pour deux raisons. D’abord parce que vous affrontez le plus difficile quand les jambes sont fraîches, avec le soulagement de savoir la seconde moitié plus clémente. Ensuite parce que l’arrivée à Conca offre la fameuse pancarte, absente à Calenzana. Quant à doubler des étapes, tout dépend de votre forme : en quinze jours, une étape par jour laisse le temps de savourer. Les plus entraînés bouclent le parcours en dix, huit, sept, voire cinq jours en enchaînant les tronçons. Nous détaillons chacun de ces plannings jour par jour, avec les kilométrages exacts, dans notre ebook gratuit « Réussir son GR Corse à 100% ».

Avant de choisir votre rythme, lisez aussi quand partir et où dormir sur le GR20.