C’est la première question que l’on me pose, et de loin : quand partir sur le GR20 ? J’y réponds toujours de la même façon. La fenêtre est courte, quelque part entre la mi-juin et la mi-septembre, et la vraie difficulté n’est pas de choisir un mois, mais de composer avec une montagne qui change d’humeur en quelques heures.

La fenêtre : de la mi-juin à la mi-septembre

Les refuges du GR20 sont généralement gardés de la fin mai au début octobre. C’est votre repère principal, car en dehors de cette période, ils restent ouverts mais sans entretien ni service : ni repas, ni gardien, ni ravitaillement. Partir hors saison, c’est accepter une autre aventure, avec des névés dans les cols du nord, et donc crampons, corde, piolet et une autonomie complète. Pour une première traversée, mieux vaut viser le cœur de l’été.

Juin, juillet-août ou septembre ?

Juin est souvent le mois optimal. Les plaques de neige des sommets ont normalement fondu, la météo est agréable, et surtout il y a nettement moins de monde sur le sentier. On profite d’une montagne encore calme, où l’on croise des marmottes plus que des files de marcheurs.

Juillet et août concentrent l’affluence et la chaleur. Les refuges sont pleins, les dortoirs bruyants, et il faut souvent réserver longtemps à l’avance. Ce n’est pas une mauvaise période, mais elle demande de l’anticipation et une bonne tolérance à la foule et aux fortes températures.

Fin août et début septembre, la lumière est magnifique et la fréquentation retombe, mais c’est aussi la saison des orages. Ils peuvent être d’une violence surprenante. Passé la mi-septembre, les journées raccourcissent, et les nuits peuvent descendre jusqu’à 0°C : si vous dormez en tente, il faut alors un duvet vraiment chaud pour ne pas grelotter.

Le vrai sujet : la météo

En montagne corse, orage rime souvent avec danger. Ces orages éclatent généralement en milieu d’après-midi, et une dalle de granite trempée se transforme en patinoire au bord du vide. D’où la règle que je répète à chaque groupe : on part tôt, à la fraîche, et on vise une arrivée au refuge avant 15h. Cela change tout, pour la sécurité comme pour le plaisir.

Un exemple reste dans les mémoires : en août 2022, le plus violent orage depuis vingt ans a frappé la partie nord du GR. Les responsables de la réserve ont dû fermer plusieurs portions du sentier pendant trois jours, le temps de réparer les dégâts. La montagne commande, pas l’inverse. Avant chaque étape, prenez le réflexe de demander aux gardiens de refuge les conditions annoncées, y compris les alertes incendie.

Ne négligez pas l’altitude

On y pense rarement pour la Corse, et pourtant. Le GR20 flirte régulièrement avec les 2 000 mètres et grimpe jusqu’au Monte Cinto, à 2 706 mètres. L’altitude peut jouer sur la respiration et la récupération. Si vous la sentez, la réponse est simple : ralentir le rythme, multiplier les pauses, et boire régulièrement.

Mon conseil

Si je devais choisir pour un premier GR20, ce serait la seconde quinzaine de juin ou la première de septembre : des journées encore longues, une fréquentation raisonnable, et cette impression d’avoir la montagne un peu pour soi. Quelle que soit la date, l’état d’esprit compte autant que le calendrier : partez tôt, restez humble face au ciel, et adaptez-vous.

Une fois la période choisie, regardez comment dormir sur le GR20, quel budget prévoir et le détail des 16 étapes.