Il y a des sommets qu’on gravit pour la performance. La Dôle, je la monte pour l’heure qui précède la nuit. Quand le soleil descend derrière le Jura, le Léman vire à l’argent, puis les Alpes s’allument une à une, jusqu’au Mont-Blanc qui garde la lumière le plus longtemps. Je connais peu d’endroits, si près de chez moi, qui offrent un spectacle pareil.
Dans cet article, je vous donne ce qu’il faut savoir pour y aller : par où partir, quel itinéraire suivre, quand monter, et si la Dôle est vraiment une randonnée facile.
La Dôle, le belvédère du Léman

Avec ses 1 677 mètres, la Dôle domine Divonne-les-Bains et tout le bassin lémanique. Le sommet est une large croupe d’herbe rase, ouverte de tous côtés. En contrebas, le lac s’étire de Genève à Lausanne. Au-delà, les Alpes ferment l’horizon.
Et puis il y a les chamois. Ils ont élu domicile sur les pentes de la Dôle, et je ne m’en lasse pas. Il faut apprendre à les chercher : une silhouette immobile sur une barre rocheuse, deux petites cornes qui dépassent d’un pierrier. Le plus souvent, ce sont eux qui vous ont vu les premiers.
D’où partir pour la Dôle ?
Côté français, mon départ préféré est la Baraque de Divonne. Depuis Divonne-les-Bains, suivez la direction du camping, passez la maison forestière puis le Fleutron, et montez jusqu’à la Baraque. La route forestière n’est pas ouverte toute l’année : vérifiez son accès auprès de la Réserve naturelle de la Haute Chaîne du Jura avant de partir. Sans voiture, le TER relie Bellegarde-sur-Valserine à Divonne-les-Bains.
Deux autres départs existent. Le Fleutron, à 620 mètres, pour ceux qui veulent monter toute la pente à pied. La Cabosse, à 1 385 mètres, déjà au cœur des alpages : l’office de tourisme de Divonne compte environ deux heures et demie aller-retour depuis ce départ.
L’itinéraire par les alpages

Depuis la Baraque, la piste forestière part vers le Bauloz, puis un sentier prend le relais sous les arbres. C’est la partie que je préfère : la forêt de conifères. Épicéas et sapins serrés, sol tapissé d’aiguilles, odeur de résine dès que le soleil chauffe les troncs. On entend ses pas, et pas grand-chose d’autre.
On passe la frontière à hauteur d’une borne, presque sans s’en rendre compte, puis on débouche sur le chalet d’alpage de la Combe du Faoug, à 1 228 mètres. Après la route d’alpage, à la bifurcation, prenez à gauche vers la Dôle. Le balisage jaune vous fait traverser la forêt, puis les pâturages le long d’un mur de pierre, jusqu’au flanc sud-ouest du sommet.
Pour le retour, je redescends par le Petit Sonnailley, je repasse en France et je suis le balisage blanc et rouge du GR jusqu’à la Grande Grand et au carrefour de la Cabosse. De là, la route forestière mène au col de Combe Blanche, puis à la Petite Grand. Avant de retrouver la Baraque, faites le détour par le Portail : une table d’orientation se trouve à 200 mètres, de quoi mettre un nom sur tous les sommets aperçus là-haut. La boucle représente environ 550 mètres de dénivelé.
Quand monter à la Dôle ?
Selon l’office de tourisme de Divonne, le sentier par le Fleutron est ouvert du 16 avril au 30 novembre. C’est la saison où je monte le plus volontiers. En été, je pars tôt le matin ou en fin d’après-midi : la montée sous les arbres reste fraîche, et la lumière du soir vaut l’attente.
Hors de cette période, la neige change tout et la randonnée devient une autre affaire. L’hiver, je propose plutôt des sorties en raquettes dans les Monts Jura, côté français.
La Dôle est-elle une randonnée facile ?
Tout dépend d’où vous partez. Depuis la Cabosse, la montée reste courte et accessible à un marcheur en bonne santé. La boucle depuis la Baraque de Divonne est une belle randonnée, plus longue, avec une fin de montée sur sentier de montagne. Quant à la grande journée que j’organise au départ de Divonne, elle fait 22,5 kilomètres pour 1 350 mètres de dénivelé : ce n’est plus une balade.
Mon conseil : choisissez selon votre forme du moment, pas selon la photo du sommet. Et si vous visez le coucher de soleil, gardez en tête que la descente se fera à la lampe frontale.
Ce qu’il faut savoir avant de partir
- Prenez une pièce d’identité : l’itinéraire passe en Suisse.
- Sur toute la partie française de l’itinéraire, les chiens sont interdits dans la Réserve naturelle de la Haute Chaîne du Jura, même tenus en laisse. J’en parle plus en détail dans mon article sur les chiens en Haute Chaîne du Jura.
- Le sentier suit le balisage jaune des sentiers de randonnée, puis le blanc et rouge du GR.
- Emportez une couche chaude, même en été : le sommet peut être venté.
Monter à la Dôle avec un accompagnateur
Si vous préférez ne penser qu’au paysage, je propose la randonnée de la Dôle en groupe privatisé, au départ de Divonne-les-Bains et du Pays de Gex : 22,5 kilomètres et 9 h 30 à 10 h 30 de sortie. Je m’occupe de l’itinéraire, du rythme et de la météo, vous vous occupez des chamois. Le tarif démarre à 60 € par personne, selon la taille du groupe. Les chiens ne sont pas admis sur mes sorties.

Et si vous me croisez là-haut un soir de beau temps, il y a de bonnes chances que je sois assis dans l’herbe, à regarder le Mont-Blanc changer de couleur.