Sur le GR20, l’eau et le ravitaillement ne se gèrent pas comme sur un sentier de plaine. Ici, pas de supérette au prochain village ni de robinet à chaque carrefour : tout se joue d’un refuge à l’autre, et une simple erreur de logistique peut transformer une belle journée en calvaire. Après plusieurs traversées, voici comment je gère l’eau et la nourriture sur le GR20 pour ne jamais tomber à sec, au sens propre comme au figuré.

La règle d’or de l’eau

Une seule et unique règle, mais elle est absolue : remplissez toujours vos gourdes lorsque vous arrivez à un refuge. Vous trouverez quelques sources sur le parcours, mais mieux vaut ne pas trop compter dessus, car selon la période elles peuvent être asséchées. Si vous puisez à une source, des pastilles de purification restent une sécurité utile. L’eau vous servira à boire, bien sûr, mais aussi à vous laver les dents et les mains le soir. Pour le contenant, je conseille une gourde d’un litre complétée par une poche à eau de deux litres, de quoi tenir entre deux points de ravitaillement même par forte chaleur. Et ne quittez jamais un refuge le matin sans avoir fait le plein, même si l’étape paraît courte : sur ce terrain, un simple contretemps suffit à transformer une petite soif en vraie galère.

Combien d’eau et de vivres par jour

Au quotidien, prévoyez deux à trois litres d’eau selon la chaleur et la longueur de l’étape, et partez chaque matin les gourdes pleines : certaines journées, comme la sixième étape qui frôle les 27 kilomètres, ne laissent pas beaucoup d’occasions de refaire le plein avant l’arrivée. Buvez régulièrement, par petites gorgées, plutôt que d’attendre la soif, surtout en altitude où l’on se déshydrate sans s’en rendre compte. Côté vivres, gardez toujours un en-cas salé et un sucré à portée de main pour les coups de barre entre deux refuges, et reconstituez votre stock de barres et de fruits secs à chaque étape plutôt que d’attendre d’être à court. Une poignée d’amandes glissée dans la poche de ceinture du sac a sauvé plus d’une fin d’étape difficile. Sur le GR20, l’énergie se gère exactement comme l’eau : par apports réguliers, jamais dans l’urgence.

Se nourrir : refuge ou autonomie

Deux options s’offrent à vous. La première, manger en refuge et en bergerie, où vous découvrirez des plats chauds et typiques de Corse. Les prix y sont élevés, car tout monte en hélicoptère ou à dos d’âne, mais le confort et la découverte valent souvent le coût. Comptez de 35 à 55 euros par jour, avec un petit-déjeuner entre 9 et 15 euros et un menu du soir autour de 25 euros. Et ne zappez pas les bergeries entre les refuges : c’est là qu’on savoure les vrais produits corses, du saucisson à la bergerie de l’Onda au fameux veau aux olives de Ballone.

La seconde option, l’autonomie complète, repose sur la nourriture lyophilisée. Il est possible de faire chauffer de l’eau au refuge, et cette solution allège le budget, mais votre sac sera nettement plus lourd. Beaucoup de marcheurs choisissent un entre-deux : quelques dîners chauds pour le moral, et des biscuits, sandwichs ou conserves pour les repas de midi et les coups de fringale. Si vous êtes végétarien ou végan, prévoyez un maximum de plats lyophilisés, car l’offre en refuge se limite souvent aux pâtes, au fromage et aux biscuits.

Réserver ses repas : une histoire d’horaires

Sur le GR20, bien manger tient autant à l’anticipation qu’au menu. Les petits-déjeuners en refuge sont servis à partir de 6h30 environ, donc si vous voulez partir avant le lever du jour pour devancer la chaleur ou un orage annoncé, réservez-le la veille au soir auprès du gardien. Pour le dîner, même logique : réservez dès votre arrivée, et surtout arrivez avant 15 heures si vous voulez être sûr d’avoir un repas chaud. Passé cette heure, il vous restera l’épicerie du refuge, tant qu’elle n’a pas fermé, pour composer un dîner avec ce qu’il y a. Anticiper ces horaires, c’est s’éviter la mauvaise surprise du ventre vide au bout d’une longue étape.

Prévoir du liquide, il n’y a pas de distributeur

Un point que beaucoup découvrent trop tard : il n’y a aucun distributeur de billets sur le GR20, et la majorité des refuges ne prennent pas la carte bancaire. Tout se règle en espèces, du dîner au dépannage de dernière minute. Retirez donc suffisamment de liquide avant de monter sur le sentier, à Bastia, Calvi ou Calenzana selon votre point de départ, et gardez une petite marge pour les imprévus. Rien de plus frustrant que de renoncer à un repas chaud ou à une nuit au sec faute d’avoir assez de cash sur soi.

Pour la suite, consultez où dormir sur le GR20, le budget et le matériel à emporter.